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CESEC 2025 : une année de travail continu, entre exigence républicaine, dialogue social et rayonnement international

L’année 2025 restera comme l’une des plus denses dans l’histoire récente du Conseil économique, social, environnemental et culturel. D’Abidjan à l’espace francophone, des salles de plénière aux immersions de terrain, l’institution consultative ivoirienne a déroulé, sous la conduite du Dr Eugène Aka Aouélé, une séquence de travail marquée par la rigueur des analyses, l’ouverture aux forces vives et une présence affirmée sur les grands enjeux nationaux et internationaux.

Dès le 20 mars, à l’ouverture solennelle de la première session ordinaire, le ton est donné. En présence de Monsieur Gilbert Kafana Koné, Haut Représentant du Président de la République, de responsables d’institutions, de membres du gouvernement et de partenaires diplomatiques, le CESEC engage ses travaux avec, en toile de fond, une ambition claire : apporter des réponses utiles à l’action publique, dans un contexte national sensible et une conjoncture internationale mouvante. Le Bénin, invité d’honneur, symbolise déjà cette volonté d’ouverture et de coopération assumée.

Très vite, les commissions permanentes entrent en action. Deux thématiques structurantes sont mises en débat : l’enrichissement illicite et le fonctionnement du marché du vivrier. Sur la première, les conseillers auscultent un phénomène aux ramifications multiples. Lors de la plénière du 20 mai, les échanges sont francs, parfois vifs, mais toujours orientés vers des propositions concrètes. « Nous ne sommes pas là pour commenter l’actualité, mais pour aider l’État à mieux agir », confie un conseiller à la sortie des travaux. Sept recommandations fortes sont adoptées, visant à renforcer les mécanismes de prévention, de contrôle et de sanction, dans une logique de transparence et d’éthique publique.

Sur le vivrier, la Commission des affaires agricoles et domaniales s’appuie sur des données de terrain et des auditions ciblées. La séance plénière du 24 juin met en lumière un secteur vital pour les populations, confronté à des défis logistiques, organisationnels et économiques. « La sécurité alimentaire n’est pas un slogan, c’est une responsabilité collective », résume le Président du CESEC devant l’assemblée, appelant à des outils de régulation mieux adaptés et à une valorisation accrue des acteurs du monde rural.

Parallèlement aux travaux techniques, le Conseil ouvre ses portes à des conférences de haut niveau. Le 24 avril, le ministre N’Guessan Koffi expose la stratégie de l’École de la deuxième chance, chiffres à l’appui. Le 13 mai, Épiphane Zoro Bi Ballo, président de la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance, revient sur les avancées enregistrées depuis plus d’une décennie, insistant sur la moralisation de la vie publique et la déclaration de patrimoine. Dans le prolongement de cette dynamique, le CESEC consacre également, le mardi 12 août 2025, une séance d’échanges à la présentation du bilan du Programme social du gouvernement (PSgouv). À cette occasion, le coordonnateur général du programme, M. Non Karna Coulibaly, expose aux conseillers les principales réalisations du PSgouv et les invite à s’approprier ses résultats et à en assurer la vulgarisation.

Le CESEC ne se limite pas aux débats en salle. Les visites de terrain occupent une place centrale dans la méthode de travail. À l’École ivoirienne de bijouterie et des métiers annexes, le 25 avril, les conseillers découvrent des savoir-faire transmis depuis plusieurs générations. Le 3 juin, à la Société ivoirienne de raffinage, les échanges portent sur les enjeux industriels, énergétiques et environnementaux, offrant une lecture concrète des contraintes et des opportunités d’un secteur stratégique.

Sur le plan international, 2025 marque un tournant. Le 26 mai, à Abidjan, la Côte d’Ivoire accède à la présidence de l’Union des conseils économiques et sociaux et institutions similaires francophones, faîtière regroupant 25 pays aux quatre coins du globe. Élu à l’unanimité, le Dr Eugène Aka Aouélé, succédant au Français Thierry Beaudet, rend hommage au Président de la République, SEM Alassane Ouattara, pour son soutien constant. La feuille de route annoncée — patrimoine culturel, investissements et rayonnement de l’UCESIF — installe durablement le CESEC ivoirien au cœur des dynamiques multilatérales.

La deuxième session ordinaire, ouverte le 18 septembre et clôturée le 18 décembre 2025, prolonge cette dynamique. En présence du Premier ministre Robert Beugré Mambé, représentant le Chef de l’État, le bilan est présenté devant une assemblée fournie. Les travaux sont enrichis par plusieurs conférences plénières, notamment celles de M. Isaac Bayoh (Future Afric IA), le 25 septembre, sur les enjeux de l’intelligence artificielle pour le développement, de Mme Namizata Sangaré, présidente du CNDH-CI, le 9 octobre, sur les droits de l’Homme à l’ère de l’IA, du Dr Silvie Memel-Kassi, Directrice générale de la Culture, le 18 novembre, sur la gestion du patrimoine à l’ère numérique, et de M. Cheick Daniel Bamba, directeur général de l’AFOR, le 25 novembre, sur la sécurisation foncière.

Les commissions adoptent deux avis majeurs, l’un sur les grossesses en cours de scolarité, l’autre sur l’apport des technologies de l’information dans la sauvegarde du patrimoine. Les visites de terrain à l’Institut national polytechnique Félix Houphouët-Boigny de Yamoussoukro, le 28 novembre, puis à la forêt du Banco, le 29 novembre 2025, confirment l’ancrage du CESEC dans les réalités nationales.

Au terme de l’année, le constat est clair : l’ensemble des activités programmées a été mené à son terme. Pour le Premier ministre, « les propositions issues des travaux du CESEC constituent un appui précieux à l’action gouvernementale ». Pour le Président Aka Aouélé, « le Conseil s’affirme comme un espace de responsabilité, de méthode et de confiance, au service de l’intérêt général ».

Entre exigence républicaine, dialogue social et ouverture sur le monde, le CESEC a, en 2025, confirmé son rôle singulier dans l’architecture institutionnelle ivoirienne : celui d’un lieu où l’analyse éclaire l’action, et où la parole collective nourrit la décision publique.
Romaric Junior

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