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Au service d’une CEDEAO des peuples : Abuja, le moment de vérité de l’intégration régionale

Abuja, 25 février 2026.
La capitale fédérale nigériane a été, ce mercredi, le théâtre d’un moment politique majeur pour l’avenir de l’intégration ouest-africaine. À l’issue de la troisième et dernière journée du Séminaire parlementaire consacré à la Zone de libre-échange continentale africaine, une ligne claire a été tracée : l’intégration régionale ne saurait plus être un projet technocratique, elle doit désormais devenir une réalité vécue par les peuples.

Présidant cette session de clôture, Adjaratou Traoré-Coulibaly, 2ᵉ Vice-Présidente du Parlement de la CEDEAO, a livré une lecture à la fois lucide et ambitieuse des enjeux contemporains de la ZLECAF.

De l’intégration institutionnelle à la prospérité inclusive

Le message central est sans ambiguïté : la réussite de la ZLECAF se mesurera moins au nombre d’accords signés qu’à leur capacité à transformer les conditions de vie des citoyens. Femmes entrepreneures, jeunes porteurs d’innovation, acteurs de l’économie informelle : ce sont eux qui doivent devenir les premiers bénéficiaires de l’ouverture des marchés africains.

Dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires, sociaux et économiques persistants, cette approche marque une rupture salutaire avec une intégration perçue, trop longtemps, comme distante et abstraite.

Le Parlement, pilier de crédibilité et de mise en œuvre

Autre enseignement fort de ce séminaire : la centralité du mandat parlementaire. En réaffirmant le rôle des élus communautaires comme garants de l’application effective des réformes, la Vice-Présidente du Parlement de la CEDEAO a rappelé une vérité essentielle : sans contrôle démocratique, sans traduction législative nationale, l’intégration reste un slogan.

Le Parlement n’est plus un simple espace de délibération ; il devient un acteur stratégique de l’implémentation, un pont entre les engagements régionaux et les réalités nationales.

Le pragmatisme social comme boussole politique

Loin des discours incantatoires, les travaux ont insisté sur un impératif fondamental : chaque accord technique doit produire un bénéfice social mesurable. Accès facilité aux marchés, amélioration de la mobilité, création d’emplois décents, autonomisation économique des femmes et des jeunes voilà les indicateurs réels de succès.

Comme l’a souligné Hon. Adjaratou Traoré-Coulibaly :

« L’intégration n’est pas une fin en soi. Elle est l’instrument d’une CEDEAO plus forte, plus solidaire et résolument tournée vers ses populations. »

Abuja, point de clôture… et point de départ

Si le séminaire s’achève à Abuja, la dynamique politique, elle, s’intensifie. Cette rencontre aura permis de repositionner la ZLECAF dans sa dimension la plus essentielle : celle d’un projet de transformation sociale porté par des institutions responsables et proches des citoyens.

À l’heure où l’Afrique de l’Ouest redéfinit ses priorités, Abuja restera comme le lieu où la CEDEAO a réaffirmé une conviction stratégique : l’intégration régionale n’a de sens que si elle est d’abord une intégration des peuples.

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