L’annonce de Téhéran et les frappes du week-end ont provoqué une onde de choc immédiate sur les marchés de l’énergie ce lundi 2 mars 2026. Voici l’état des lieux de la situation :
- Une envolée brutale des cours
Dès l’ouverture des marchés ce matin, les prix ont bondi de manière spectaculaire :
Le Brent (référence européenne) : Il a grimpé de près de 13 % pour atteindre brièvement les 82 dollars le baril, son plus haut niveau depuis 14 mois. À l’heure actuelle, il se stabilise autour de 79 dollars.
Le WTI (référence américaine) : Il suit une trajectoire similaire, affichant une hausse de plus de 6 % pour s’échanger aux alentours de 71-72 dollars.
- Le verrou du détroit d’Ormuz
La principale cause de cette panique est la fermeture de facto du détroit d’Ormuz. Téhéran a averti les transporteurs qu’aucun navire ne serait autorisé à passer.
Impact massif : Ce détroit est l’artère vitale par laquelle transite 20 % de la consommation mondiale de pétrole (environ 20 millions de barils par jour).
Blocage logistique : Les sites de suivi maritime montrent déjà des files de pétroliers immobilisés de part et d’autre du détroit, les compagnies d’assurance ayant suspendu leurs couvertures pour cette zone.
- Les prévisions des experts : vers les 100 dollars ?
Les analystes (notamment ceux d’Eurasia Group et de Barclays) sont formels : si le blocage du détroit se prolonge ou si des infrastructures pétrolières sont directement touchées, le baril pourrait franchir le seuil symbolique des 100 dollars très rapidement. Dans le scénario le plus noir évoqué par Oxford Economics, le cours pourrait même atteindre 140 dollars. - Réaction de l’OPEP+
Face à l’urgence, les pays de l’OPEP+ se sont réunis hier (dimanche) et ont convenu d’une augmentation modeste de la production (environ 200 000 barils par jour pour avril). Cependant, les marchés doutent de l’efficacité de cette mesure tant que le passage par le Golfe reste obstrué. - Conséquences pour les consommateurs
En Europe et au Royaume-Uni, les experts préviennent que cette hausse se répercutera à la pompe d’ici quelques jours. Si le baril se maintient à 80 dollars, une hausse d’environ 2 à 3 centimes par litre est attendue dès la semaine prochaine, un chiffre qui pourrait doubler si la crise s’installe.
En résumé : Le marché est passé d’une situation de surplus théorique pour 2026 à une crainte de pénurie physique réelle en moins de 48 heures. La volatilité reste extrême.










