Alors que la Société de Transport Lagunaire (STL), fleuron du groupe Snedai fondé par Adama Bictogo, traverse une zone de fortes turbulences financières, une question brûle toutes les lèvres à Abidjan : où est passé l’argent ? Entre arriérés de salaires et lourdes dettes fiscales, l’entreprise est aujourd’hui au cœur d’une tempête qui mêle gestion privée et deniers publics.
Un naufrage financier inattendu
Depuis plusieurs mois, les signaux d’alerte s’accumulent pour la STL. Les employés, dont certains cumulent plusieurs mois d’impayés, tirent la sonnette d’alarme. Mais au-delà de la crise sociale, c’est le volet fiscal qui fragilise l’édifice. Des audits récents et des fuites au sein de l’administration financière pointent du doigt un décalage colossal entre les recettes déclarées et les sommes effectivement reversées à l’État.
Les mécanismes au cœur des soupçons
Le cœur de la polémique repose sur la gestion de la TVA et des cotisations sociales. Dans ce type de dossier, les enquêteurs cherchent généralement à savoir si les fonds collectés auprès des usagers et retenus sur les salaires ont été :
Réutilisés pour la trésorerie courante de l’entreprise (combler d’autres trous financiers).
Transférés vers d’autres entités du groupe via des jeux d’écritures complexes.
Détournés à des fins personnelles par certains cadres ou dirigeants.
Qui est responsable ?
À ce stade, aucune condamnation n’a été prononcée, et la présomption d’innocence prévaut. Toutefois, le nom d’Adama Bictogo, figure politique de premier plan et patron du groupe Snedai, est indissociable de l’image de la STL. Si les partisans du dirigeant évoquent une « conjoncture économique difficile » et des coûts d’exploitation sous-estimés, les détracteurs parlent d’une gestion opaque.
« Il ne s’agit pas seulement d’une mauvaise gestion, mais d’un système où l’impôt, au lieu d’être un devoir citoyen, devient une variable d’ajustement pour le confort du patronat », confie une source proche du dossier sous couvert d’anonymat.
Quel avenir pour la STL ?
L’État ivoirien, par le biais de la Direction Générale des Impôts (DGI), pourrait durcir le ton. Entre saisies conservatoires et menaces de retrait de licence, la marge de manœuvre de la STL se réduit. Pour les usagers de la lagune Ébrié, c’est la crainte d’une interruption de service qui prédomine.
L’enjeu est désormais double pour Adama Bictogo : sauver son outil industriel tout en blanchissant son nom face aux accusations de détournement qui entachent sa crédibilité tant économique que politique.
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