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J I F : Kandia Camara rend hommage à Léopoldine Tiézan Coffie

Le Palais de la Culture de Treichville a servi de cadre, ce dimanche 8 mars 2026, à une cérémonie empreinte d’émotion. À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, la Présidente du Sénat, Madame Kandia Camara, a rendu un hommage vibrant à l’illustre disparue, Léopoldine Tiézan Coffie, rappelée à Dieu le 6 février dernier.

L’atmosphère était lourde de souvenirs et de gratitude au Palais de la Culture. Pour cette édition 2026 de la Journée internationale des droits des femmes, le cœur n’était pas seulement à la fête, mais au recueillement. Les femmes de Côte d’Ivoire se sont rassemblées pour honorer la mémoire de celle qui fut, durant des décennies, le fer de lance de leur émancipation : Madame Léopoldine Tiézan Coffie.

« Une coïncidence qui ressemble à un signe »
C’est par ces mots que la Présidente du Sénat, Kandia Camara, a débuté son oraison. Pour la haute responsable de l’État, le fait que cet hommage se tienne un 8 mars n’est pas fortuit. « C’est une façon qu’ont les destins exceptionnels de s’inscrire dans le temps avec une précision presque douloureuse », a-t-elle déclaré, soulignant que la défunte avait fait des droits des femmes non pas une date, mais le combat d’une vie.

Née en 1950, Léopoldine Tiézan Coffie s’est éteinte à l’âge de 76 ans. Son parcours, retracé avec émotion, est celui d’une pionnière. Dans une Côte d’Ivoire post-indépendance où la place de la femme en politique restait à conquérir, elle a su s’imposer par la seule force de son travail et de sa détermination.

Un héritage politique et humain immense
Ancienne Ministre de la Famille et de la Promotion de la Femme, Présidente de l’UF-PDCI-RDA sous les ères Houphouët-Boigny et Bédié, et figure de proue du Réseau International des Femmes pour des Actions Affirmatives (RIFAA), le CV de la défunte impose le respect.

Pourtant, au-delà des titres, Kandia Camara a tenu à saluer l’authenticité de la femme :

« Dans ce monde politique où les sourires se calculent parfois, Léopoldine Tiézan Coffie était un être authentique. L’authenticité est peut-être la chose la plus courageuse qui soit. »

La Présidente du Sénat a rappelé les « nuits sans sommeil » et les batailles menées dans l’ombre pour obtenir des victoires dont bénéficient aujourd’hui des milliers d’Ivoiriennes, souvent sans savoir à qui elles le doivent.

Le témoignage d’une « fille » à sa « mère »
Le moment le plus poignant de la cérémonie fut sans nul doute le témoignage personnel de Kandia Camara. Elle a révélé avec pudeur comment, en 1991, Léopoldine Tiézan Coffie avait décelé en elle un potentiel alors qu’elle n’était qu’une jeune militante.

« Merci de m’avoir choisie pour être ta Directrice de Campagne alors que j’étais toute jeune et n’avais pas grande expérience », a-t-elle lancé, la voix chargée d’émotion, avant d’ajouter : « C’est Madame Léopoldine Tiézan Coffie qui m’a formée. Elle a été pour moi une mère, un mentor, une inspiratrice. »

Un flambeau qui ne s’éteint pas
En clôturant son discours, la Présidente du Sénat a adressé ses condoléances à la famille biologique de la disparue, les remerciant d’avoir « prêté » cette grande dame à la nation et au monde. Citant le poète, elle a rappelé qu’en Afrique, « les morts ne sont pas morts ».

Si la Côte d’Ivoire perd une icône, son message, lui, demeure. Comme une dernière instruction laissée à ses « filles » en ce 8 mars : « Continuez, ne vous arrêtez pas. Le combat, lui, ne prend jamais de congé. »

Léopoldine Tiézan Coffie repose désormais, mais son nom reste gravé au panthéon des femmes qui ont fait la Côte d’Ivoire moderne.

R. Junior

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