C’est une onde de choc qui a traversé les marchés financiers et les chancelleries ce samedi. Selon des informations révélées par le journaliste Barak Ravid (Axios), l’administration américaine aurait franchi le Rubicon diplomatique : Washington s’apprête à débloquer environ 14 milliards de dollars au profit de l’Iran en échange de millions de barils de pétrole. Une première depuis 1996 qui survient, paradoxalement, en plein conflit armé entre les deux puissances.
Le retour du « Pétrole de l’Est »
L’information, si elle est confirmée officiellement, marque la fin d’un embargo de trente ans. Pour la première fois depuis trois décennies, les raffineries américaines pourraient à nouveau traiter du brut iranien. Ce revirement spectaculaire intervient alors que la guerre de 2026 au Moyen-Orient a propulsé les cours du baril au-delà des 110 dollars, menaçant d’asphyxier l’économie mondiale et de faire exploser les prix à la pompe aux États-Unis.
Le Secrétaire au Trésor, Scott Bessent, aurait élaboré une « autorisation de court terme » permettant la vente de pétrole iranien actuellement bloqué en mer sur des navires de stockage. On estime que près de 140 millions de barils attendent ainsi preneur.
Un pari risqué pour Donald Trump
Pour le président américain, cette décision est un exercice d’équilibriste périlleux. D’un côté, il doit répondre à l’exaspération des électeurs face à l’inflation énergétique. De l’autre, il s’expose aux critiques féroces des « faucons » et de ses alliés, notamment Israël, qui voient dans ces 14 milliards de dollars une manne financière directe pour l’effort de guerre de la République Islamique.
« C’est une mesure de dernier recours. Washington est à court d’options pour stabiliser le marché alors que le détroit d’Ormuz reste sous haute tension », analyse un expert du CSIS.
Stupeur et tremblements chez les alliés
En Europe, les réactions sont mitigées. Si Berlin et Paris espèrent une détente sur les prix de l’énergie, l’indignation morale est palpable. « Chaque dollar versé pour le pétrole iranien stabilise un régime en contradiction avec nos valeurs », a réagi Katherina Reiche, ministre allemande de l’Économie.
À Tel-Aviv, le silence radio des autorités cache mal une profonde inquiétude. Renflouer les caisses de Téhéran au moment où les missiles croisent dans le ciel de la région pourrait redéfinir les termes du conflit en cours.
Les chiffres clés de l’accord
14 milliards de dollars : Le montant estimé des recettes que l’Iran pourrait percevoir.
30 jours : La durée initiale de la suspension des sanctions annoncée pour l’achat en mer.
1996 : L’année du dernier achat direct de pétrole iranien par les États-Unis avant ce revirement.
112 dollars : Le cours du baril de Brent ce vendredi soir, avant l’impact de l’annonce.
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