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Crise du cacao : l’OIA et le Conseil du Café-Cacao trouvent une issue pour soulager les planteurs

Abidjan, 9 avril 2026. La filière café-cacao ivoirienne amorce un tournant décisif. À l’issue d’une conférence de presse tenue ce jeudi en présence du ministre de l’Agriculture, Bruno Nabagné Koné, du Directeur général du Conseil du Café-Cacao et du président de l’Organisation interprofessionnelle agricole (OIA) café-cacao, Siaka Diakité, les autorités ont officialisé l’entrée dans la phase finale de gestion de la crise des stocks résiduels.

Une crise profonde en voie de résolution

Depuis plusieurs mois, la filière est confrontée à une situation critique marquée par l’accumulation de stocks invendus, estimés à plus de 102 000 tonnes, répartis dans 1 430 sociétés coopératives. Cette immobilisation a fortement impacté les revenus des producteurs, fragilisant des milliers de ménages ruraux.

Face à cette réalité, les pouvoirs publics ont opté pour une décision forte : l’annulation des quotas initialement attribués à certains opérateurs privés, notamment SITAPA (29 360 tonnes) et TRANSCAO (15 000 tonnes). Une mesure saluée par l’ensemble des acteurs présents, perçue comme un recentrage stratégique au profit des producteurs.

Réallocation stratégique et rôle central de l’OIA

Dans la foulée, le Conseil du Café-Cacao a procédé, le 8 avril 2026, à la réattribution d’un quota de 23 830 tonnes à l’OIA café-cacao. Une décision acceptée par son président, Siaka Diakité, « dans un esprit de responsabilité et d’engagement au service des producteurs ».

Selon l’OIA, ce volume constitue désormais le cadre final de l’opération de déstockage, marquant ainsi le point d’atterrissage de la gestion des stocks résiduels. En clair, l’enlèvement de ces quantités devrait solder définitivement cette phase de crise.

Accélération imminente des opérations

Les opérations de déstockage devraient s’intensifier dans les prochains jours. Le Directeur général du Conseil du Café-Cacao a d’ailleurs insisté sur l’urgence d’exécution, à l’issue de trois jours de négociations intensives. Il a appelé à un démarrage effectif des enlèvements dès le samedi, afin de traduire concrètement les engagements pris.

Cette accélération vise à :
• réduire significativement les stocks encore immobilisés,
• rétablir la liquidité au niveau des producteurs,
• et amorcer une sortie tangible de la crise.

Un engagement réaffirmé de l’État

Prenant la parole, le ministre Bruno Nabagné Koné a réitéré l’engagement du gouvernement ivoirien à soutenir durablement les producteurs. Il s’est félicité de l’issue des discussions, estimant que « la crise touche à sa fin », grâce à une coordination renforcée entre les différents acteurs.

Le ministre a également tenu à rappeler que la crise du cacao dépasse le cadre national, soulignant qu’il s’agit avant tout d’une crise mondiale, liée aux fluctuations des marchés internationaux et aux tensions sur l’offre et la demande.

Dans cette dynamique, l’État a déjà consenti un effort financier notable, permettant de porter le prix bord champ à 1 200 FCFA/kg, au-dessus du seuil habituel basé sur 60 % du prix CAF, grâce à la mobilisation du fonds de réserve.

Vers une relance progressive de la filière

Au-delà de la gestion immédiate de la crise, les regards sont désormais tournés vers la campagne intermédiaire 2025-2026. L’OIA appelle à une mobilisation générale, misant sur :
• une amélioration des cours internationaux,
• la résilience des producteurs,
• et une meilleure coordination des acteurs.

Une étape décisive

La combinaison de l’annulation des quotas, de leur réallocation ciblée et de l’accélération des enlèvements constitue, selon les observateurs, une réponse structurée et pragmatique à une crise qui menaçait l’équilibre de la première filière économique du pays.

En actant la phase finale du déstockage, les autorités ivoiriennes envoient un signal fort : celui d’une filière en voie de stabilisation, avec pour ambition une gouvernance plus équitable et durable.

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