Imam et l’abbé partage la même vision des 40 jours.
En pleine période de carême chrétien et de ramadan musulman, le Ministre Moussa Sanogo a réuni ses collaborateurs et des guides religieux, ce jeudi, pour une rupture de jeûne commune. Un moment de haute spiritualité placé sous le signe de la « transition » et de l’« introspection professionnelle ». L’esplanade du ministère de l’Urbanisme, du Logement et du Cadre de Vie a pris des airs de sanctuaire œcuménique. Dans une ambiance empreinte de sérénité, le Ministre Moussa Sanogo a partagé le repas de rupture avec l’ensemble de son personnel, chrétiens comme musulmans. Cette rencontre, loin d’être un simple protocole, a célébré la coïncidence rare des deux calendriers liturgiques cette année.
La symbolique du chiffre 40 Prenant la parole, le Ministre Moussa Sanogo s’est dit « impressionné » par la mobilisation de ses troupes. Analysant la convergence des temps spirituels, il a rappelé la profondeur du chiffre 40, présent tant dans la marche du peuple hébreu et la retraite de Jésus au désert que dans l’âge de la Révélation du Prophète de l’Islam. « Faut-il y voir une simple coïncidence ? Peut-être pas », a-t-il lancé, avant d’établir un parallèle avec la mutation de son département. « Nous vivons une période de renouveau. Ce temps spirituel est une invitation à l’introspection : sommes-nous à la hauteur des attentes ? Servons-nous avec équité ? » Le jeûne, bien au-delà de la privation Les guides religieux invités ont enrichi le débat par des enseignements profonds. Pour le Vicaire Alexandre Koffi, représentant la Cathédrale Saint-Paul, le carême chrétien est un « temps d’équilibre ». Citant le prophète Isaïe, il a rappelé que le vrai jeûne consiste à « partager son pain avec celui qui a faim ». Il a exhorté les agents à ne pas faire de la pénitence un prétexte à l’irritation, mais à rester « capables de sourire et de servir ».
De son côté, Moustapha Soumahoro, représentant l’Imam Ousmane Diakité (COSIM), a détaillé les trois niveaux du jeûne en Islam. Au-delà de l’abstinence physique, il a insisté sur le « jeûne des membres » (langue, mains, pieds) et, plus haut encore, le « jeûne du cœur » qui évacue les pensées négatives. Un levier de performance publique Le message final de cette rencontre était clair : la spiritualité doit nourrir l’efficacité administrative. Les trois principes de cohésion édictés par le représentant du COSIM , respect, valorisation de l’autre et objectifs communs , ont trouvé un écho favorable auprès du Ministre. En quittant la table de partage, les agents semblaient repartir avec une motivation renouvelée, transformant cet acte de foi en un véritable moteur pour la transformation urbaine et le service du citoyen.
Romaric Junior










