Le Directeur Général de la Fonction Publique était face à la presse ce jeudi. Entre mécanismes de recrutement, bilan chiffré de l’année 2025 et réformes pour la transparence, Soro Gninagafol a passé au scanner le système d’accès à l’emploi étatique en Côte d’Ivoire.
Comment l’État décide-t-il d’ouvrir un concours ? Pourquoi certaines filières n’offrent-elles que peu de places ? Face à ces interrogations récurrentes des usagers, le Directeur Général (DG) de la Fonction Publique, Soro Gninagafol, a tenu une conférence de presse pédagogique intitulée « Tout savoir sur les concours administratifs ».
Un processus en trois étapes clés
Selon le DG, l’organisation des concours n’est pas un exercice aléatoire, mais le fruit d’un processus rigoureux en trois phases. Tout commence par la conférence de programmation des effectifs. « Chaque ministère évalue ses besoins en fonction des départs à la retraite, des décès ou des créations de nouveaux services », a-t-il expliqué. Ces besoins sont ensuite confrontés à la réalité du terrain par les directeurs des ressources humaines.
Vient ensuite l’étape cruciale de l’arbitrage budgétaire. En collaboration avec le ministère du Budget, la Fonction Publique vérifie la capacité financière de l’État à rémunérer ces futurs agents. C’est ce mécanisme, consigné dans le Catalogue des mesures nouvelles, qui détermine le nombre définitif de postes. Enfin, le cadre juridique clôt le processus avec la signature des arrêtés d’ouverture. À ce titre, M. Soro a exhorté les candidats à une lecture attentive des communiqués pour éviter les rejets de dossiers liés aux diplômes non conformes.
Bilan 2025 : Plus de 41 000 nouveaux admis
Le patron de la Direction Générale de la Fonction Publique a profité de cette tribune pour dresser le bilan de la session 2025. Sur un total de 590 concours organisés, l’administration a enregistré 142 863 candidatures.
Les résultats globaux affichent 41 353 admis, dont :
25 259 pour les concours de recrutement nouveau ;
23 094 pour les concours professionnels (promotion interne).
Fait notable, la parité genre est presque atteinte au sein de la nouvelle cuvée de fonctionnaires, avec 49 % de femmes contre 51 % d’hommes.
Le paradoxe des « postes non pourvus »
Malgré la forte demande d’emploi, le DG a révélé une réalité surprenante : 86 concours se sont soldés sans aucun admis, laissant 718 postes vacants. Si 55 concours n’ont attiré aucun candidat, 31 autres ont vu leurs postulants échouer faute de niveau suffisant.
Les secteurs en souffrance sont essentiellement techniques : médecins spécialistes (néphrologie, cancérologie), ingénieurs informaticiens et techniciens de santé. « Certaines spécialités sont très pointues et les prestations des candidats n’ont pas toujours atteint le seuil d’exigence des jurys », a déploré Soro Gninagafol.
Cap sur la transparence et la formation
Pour pallier ces déficits, le ministère entend renforcer la communication sur les filières méconnues et encourager les jeunes vers les sciences. La grande innovation annoncée est le développement de formations gratuites en ligne pour préparer les candidats, notamment aux tests de logique.
En conclusion, Soro Gninagafol a réitéré l’engagement du gouvernement pour la transparence. Depuis 2021, la digitalisation accrue des processus vise à réduire l’intervention humaine. L’objectif demeure inchangé : « Assurer une sélection fondée sur le mérite pour une administration de qualité ».
Romaric Sako










