Accueil / POLITIQUE INTERIEURE / Côte d’Ivoire : Guillaume Soro, entre l’appel d’Abidjan et le « piège » du Sahel

Côte d’Ivoire : Guillaume Soro, entre l’appel d’Abidjan et le « piège » du Sahel

L’ancien Premier ministre ivoirien, en exil depuis des années, semble à la croisée des chemins. Alors que ses lieutenants rejoignent le camp présidentiel ou prônent un rapprochement avec Alassane Ouattara, Guillaume Soro paraît de plus en plus prisonnier de ses alliances stratégiques avec l’Alliance des États du Sahel (AES).

Le vent du retour souffle sur le GPS
Le paysage politique ivoirien est en pleine mutation, et le camp de Guillaume Soro, le mouvement Générations et Peuples Solidaires (GPS), n’échappe pas à l’érosion du temps et de l’éloignement. Le constat est sans appel : plusieurs figures de proue du soroïsme ont choisi la voie de la « realpolitik ».

L’exemple le plus frappant est celui de Koné Théfour. Autrefois pilier de la galaxie Soro, il collabore désormais ouvertement avec le régime d’Abidjan, privilégiant le développement local et la réconciliation concrète à la confrontation stérile. En exil, d’autres voix s’élèvent, comme celle de Zié Konaté, qui ne cachent plus leur conviction : l’avenir de leur leader ne passe pas par une alliance avec Laurent Gbagbo, mais par un dialogue direct et sincère avec le « père », Alassane Dramane Ouattara (ADO).

Le dilemme de l’otage de luxe
Selon des sources proches du dossier, Guillaume Soro aurait lui-même compris que son salut politique réside dans un pardon national et un retour au pays sous l’aile de la République. Cependant, une ombre de taille plane sur cette velléité de retour : l’influence des régimes militaires du Sahel.

Installé dans la sphère d’influence de l’AES (Mali, Burkina Faso, Niger), Soro est-il encore un homme libre de ses mouvements ? Pour de nombreux observateurs, l’ancien chef de la rébellion est devenu un pion stratégique pour les « patrons » du Sahel. En lui offrant refuge, ces derniers s’offrent un levier de pression contre Abidjan. Dès lors, demander pardon à ADO devient un exercice périlleux :

Contrainte diplomatique : Un rapprochement avec Abidjan serait perçu comme une trahison par ses hôtes sahéliens.

Isolement politique : En restant lié à l’AES, il s’éloigne de la légalité républicaine ivoirienne.

Une fin de partie incertaine
L’étau se resserre. D’un côté, la base de Soro s’effrite au profit du RHDP ; de l’autre, son alliance avec les militaires du Nord l’enferme dans une posture radicale qui ne semble plus correspondre à ses propres ambitions de paix.

Le « Bogota » ivoirien réussira-t-il à briser ses chaînes sahéliennes pour emprunter le chemin de la repentance et de la reconstruction ? La question reste entière, mais le temps, lui, joue en faveur d’Abidjan.

Rhdpnews

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *