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Filière Café-Cacao : Le SYNAPCI bat le rappel des troupes à Duékoué

La paroisse Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de Duékoué a refusé du monde ce week-end. Plus de 7 000 producteurs de cacao se sont réunis pour exprimer leur mécontentement face à la nouvelle grille tarifaire et soutenir la ligne dure du Syndicat National Agricole pour le Progrès en Côte d’Ivoire (SYNAPCI).
L’ambiance était électrique à Duékoué. Dans le cadre de sa tournée de sensibilisation dans l’ouest montagneux, Koné Moussa, président du SYNAPCI, a fait escale dans la capitale du Guémon. Devant une foule de paysans venus des campements les plus reculés, le leader syndical n’a pas porté de gants pour fustiger la situation actuelle de la filière.

Le prix de 1 200 FCFA cristallise la colère
Au cœur des échanges : le prix d’achat du kilogramme de cacao fixé à 1 200 FCFA pour la campagne intermédiaire débutée en mars. Pour le SYNAPCI, ce tarif est une « insulte » au travail des producteurs, surtout au regard de la conjoncture mondiale.

Koné Moussa a été on ne peut plus clair : « Il n’est pas question de brader notre cacao à 1 200 FCFA tant que le stock acheté précédemment à 2 800 FCFA n’est pas entièrement écoulé. » Selon le responsable syndical, les paysans n’ont pas réellement bénéficié de la hausse à 2 800 FCFA, et ce retour brutal à un prix inférieur étrangle les ménages ruraux.

Une mobilisation record
Ce sont plus de 7 000 producteurs qui ont répondu à l’appel, transformant l’enceinte de la paroisse Sainte Thérèse en un véritable forum de contestation. Les visages marqués par le labeur, les « braves paysans » ont unanimement partagé la position de leur leader.

« Nous produisons la richesse du pays, mais nous sommes les derniers à en profiter. On nous annonce des prix qui ne correspondent pas à la réalité du marché international », s’est indigné un planteur présent dans l’assemblée.

Le spectre d’un bras de fer
Cette étape de Duékoué marque un tournant dans la tournée de sensibilisation de Koné Moussa. En appelant à la rétention des stocks ou, du moins, en refusant le prix imposé, le SYNAPCI engage un bras de fer direct avec les autorités de régulation.

Le syndicat exige une revalorisation immédiate et une meilleure transparence dans la gestion de la manne cacaoyère. Pour l’heure, les producteurs de l’Ouest semblent déterminés à suivre le mot d’ordre de leur instance dirigeante. Le gouvernement et le Conseil Café-Cacao sont désormais prévenus : la base gronde et la campagne intermédiaire s’annonce sous haute tension.

Rhdpnews

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