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Le Djidji Ayokwè retrouve sa voix : un retour historique pour la Côte d’Ivoire et l’Afrique

Hier, lundi 23 février, le Musée du Quai Branly-Jacques Chirac a été le théâtre d’un événement exceptionnel : le retour du Djidji Ayokwè, le tambour sacré des communautés Bidjans et Atchans. Plus qu’une simple cérémonie, il s’agissait d’une libation solennelle effectuée par cinq chefs traditionnels, un rituel chargé de symboles et de mémoire collective. Dans le silence respectueux de la salle, l’émotion était palpable. Certains participants étaient émus aux larmes, d’autres affichaient une fierté éclatante. Comme l’a rappelé le porte-parole des chefs Bidjans, Gouedan Anouman Louis Jacques, notable de Locodjro : « On ne peut pas avoir de manifestation devant une copie, la manifestation c’est devant l’original. Nous souhaitons le respect. » Ces mots ont résonné comme un appel à la dignité et à la reconnaissance de l’histoire. Le retour du Djidji Ayokwè est le fruit d’un dialogue patient et inclusif, rendu possible grâce à la vision du président Alassane Ouattara et à l’engagement de son homologue français, Emmanuel Macron, dans un esprit de coopération apaisée. La réussite de cette restitution est également le résultat du travail constant des autorités ivoiriennes, du Premier ministre Robert Beugre Mambé, des conservateurs, des chercheurs, ainsi que de la mobilisation discrète mais déterminante de huit chefs traditionnels en 2022, qui veillaient à la préservation des rites et des conditions de restauration du tambour. Cette restitution ne se limite pas à un simple transfert matériel : elle honore les ancêtres, reconnaît les souffrances historiques des communautés et marque la volonté de la Côte d’Ivoire de maîtriser son récit culturel. Le Djidji Ayokwè, retrouvé et reconnu dans son authenticité, symbolise la victoire du dialogue et de la coopération sur le silence et l’oubli. En fin de journée, sur le plateau du JT Afrique de TV5, les détails de la genèse de l’arrachement du tambour, ses conséquences pour les communautés Bidjans et Atchans, ainsi que les démarches inclusives entreprises pour ce retour, ont été rappelés. L’accent a été mis sur la politique muséale nationale, conçue pour valoriser les jeunes conservateurs et garantir la transmission d’un patrimoine culturel vivant. Le retour du Djidji Ayokwè ouvre une nouvelle page de l’histoire culturelle ivoirienne. Le Musée National et les communautés sont prêts à l’accueillir, tandis que le pays entier célèbre ce symbole de mémoire, de dignité et de résilience. Bon retour au Djidji Ayokwè : il est de nouveau notre, et avec lui, c’est une part de l’âme collective de la Côte d’Ivoire qui retrouve sa voix.

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