COMMUNICATION — L’Organisation interprofessionnelle agricole de la filière Café-Cacao de Côte d’Ivoire (OIA Café-Cacao) conteste l’utilisation d’images tournées à Divo le 12 septembre 2026, diffusées dans une vidéo publiée le 19 octobre par le média en ligne Journal d’Abidjan. Estimant que ces séquences ont été sorties de leur contexte, elle exige le retrait de la vidéo et la publication d’un rectificatif.
L’affaire soulève une question essentielle : peut-on utiliser les images d’une activité pour illustrer un événement distinct sans risquer d’induire le public en erreur ? C’est le problème soulevé par l’OIA Café-Cacao, qui entend rétablir les faits et préserver son image institutionnelle face à une publication qu’elle juge trompeuse.
Dans un communiqué officiel, l’organisation dénonce l’utilisation d’images de l’une de ses activités à Divo pour illustrer une manifestation présentée comme s’étant déroulée à Daloa le 17 octobre 2026, en soutien à Koné Moussa, président du SYNAPCI, et à son appel à la grève.
Selon l’OIA, cette association entre des images issues de deux contextes différents est susceptible de brouiller la compréhension des faits et de donner une image inexacte de sa position dans le débat relatif à la grève.
À DIVO, UN MESSAGE CLAIR : « NON À LA GRÈVE, OUI AU DIALOGUE »
Pour étayer sa contestation, l’OIA Café-Cacao rappelle les circonstances dans lesquelles les images concernées ont été réalisées. Selon son communiqué, elles remontent au 12 septembre 2026, à Divo, lors du lancement de sa tournée nationale de sensibilisation et d’appel à la cohésion.
L’organisation précise que cette rencontre était placée sous le signe du dialogue et de la cohésion, avec un message qu’elle résume en ces termes : « Non à la grève, oui au dialogue ».
Elle estime dès lors que la réutilisation de ces séquences pour illustrer une manifestation distincte risque de faire croire à une participation ou à un soutien qu’elle conteste explicitement.
L’OIA affirme, par ailleurs, n’avoir été ni consultée ni sollicitée pour autoriser l’utilisation de ces images dans le contexte évoqué par le média. Elle rejette toute interprétation présentant les images de Divo comme une preuve de son adhésion au mouvement de grève.
Pour l’organisation, la distinction entre les deux événements est fondamentale. Les images d’une activité ne suffisent pas, à elles seules, à établir la participation d’une structure à un autre rassemblement ni à démontrer son adhésion aux revendications qui y sont exprimées.
L’OIA RÉCLAME LE RETRAIT DE LA VIDÉO ET UNE RECTIFICATION PUBLIQUE
Face à cette situation, l’organisation ne se limite pas à une simple mise au point. Elle demande au média Journal d’Abidjan de retirer sans délai la vidéo contestée et de publier un rectificatif explicite, avec une visibilité et des conditions de diffusion équivalentes à celles de la publication initiale.
L’OIA souhaite que cette rectification précise l’origine réelle des images et indique clairement qu’elle n’a pas participé au mouvement auquel la vidéo les associe.
Elle appelle également les pages, plateformes et comptes ayant relayé le contenu à en cesser la diffusion et à porter sa mise au point à la connaissance de leurs audiences.
À travers ces demandes, l’organisation entend rétablir ce qu’elle considère comme la réalité des faits et préserver son image institutionnelle. Elle estime que la présentation contestée est susceptible de créer une confusion auprès des producteurs et des autres acteurs de la filière café-cacao.
Cette démarche traduit sa volonté de faire respecter sa position publique et de prévenir toute interprétation susceptible de porter préjudice à ses activités ou à ses relations avec les acteurs de la filière.
LA CRÉDIBILITÉ DE L’INFORMATION EN JEU
Au-delà du différend qui oppose l’organisation au média, cette affaire remet au centre du débat une exigence fondamentale du journalisme : la contextualisation des images.
Une séquence vidéo peut être authentique tout en donnant lieu à une interprétation erronée lorsqu’elle est associée à une autre date, à un autre lieu ou à un événement différent de celui qu’elle représente. D’où l’importance de vérifier l’origine des images, les circonstances de leur captation et la nature exacte des faits qu’elles sont censées illustrer.
Pour les professionnels des médias, la rigueur impose également de confronter les informations disponibles, de solliciter les parties concernées et de distinguer les faits établis des interprétations.
Dans le cas présent, l’OIA conteste l’utilisation qui aurait été faite de ses images. La clarification de cette controverse passe notamment par l’examen des séquences concernées et par la prise en compte des explications des différentes parties. La réponse du média concerné permettrait également d’éclairer les circonstances de cette publication.
L’enjeu dépasse donc la seule question de la communication institutionnelle. Il concerne la confiance du public dans l’information diffusée, particulièrement lorsque celle-ci touche à une filière stratégique pour l’économie ivoirienne et aux intérêts de milliers de producteurs.
LE RECOURS AUX AUTORITÉS ENVISAGÉ
Dans son communiqué, l’OIA Café-Cacao prévient qu’en l’absence de mesures correctives, elle se réserve le droit de saisir les autorités de régulation et les juridictions compétentes afin de faire valoir ses droits.
Cette éventualité marque la volonté de l’organisation de ne pas laisser perdurer une situation qu’elle considère préjudiciable à son image. Elle entend obtenir une clarification publique et faire respecter sa position dans un contexte où la circulation rapide des contenus numériques peut amplifier les incompréhensions.
Reste désormais à connaître les suites qui seront données à cette demande de rectification et les explications éventuelles du média concerné.
DIALOGUE, COHÉSION ET DÉFENSE DES ACTEURS DE LA FILIÈRE
En conclusion de son communiqué, l’organisation réaffirme son attachement au dialogue, à la cohésion et à la défense responsable des intérêts des acteurs de la filière café-cacao. Elle appelle l’ensemble des parties à faire preuve de rigueur dans la communication et au respect des faits.
Pour l’OIA Café-Cacao, cette mise au point vise à préserver son image institutionnelle et à éviter toute confusion sur sa position dans le débat relatif à la grève.
Au-delà de la polémique, cette affaire rappelle la nécessité d’une information vérifiée, contextualisée et respectueuse des faits. Dans un environnement médiatique marqué par la rapidité de diffusion des contenus, la responsabilité éditoriale demeure essentielle pour permettre au public de comprendre les événements sans confusion.
Une exigence demeure : dans le traitement de l’actualité, la force d’une information ne réside pas seulement dans les images qu’elle diffuse, mais aussi dans la fidélité avec laquelle elle restitue les faits.









